
Dans "Welcome on board", Patrice Terraz se pose en ardent défenseur des droits des gens de mer et nous offre un plaidoyer en images pour la cause de ces hommes.
Exploités, soumis à la logique implacable de profits et à l’ inhumanité de certains armateurs sous pavillon de complaisance, ils risquent à tout moment de se retrouver échoués, loin de chez eux, sans argent....
"Ce sont les gens de mer qui veillent au bon fonctionnement du transport maritime.
Ils sont le moteur de l’économie mondiale, transportant environ 90% du commerce mondial.
Les droits des gens de mer sont protégés par une série de conventions de l’Organisation Internationale du Travail.
Malheureusement des sociétés de navigation ont découvert qu’un certain nombre d’états sans scrupule étaient prêts à louer leur pavillon à ceux qui souhaitaient se soustraire aux règlements de leurs pays et aux conventions internationales.
Ces états appelés pavillons de complaisance bénéficient d’une totale impunité, ce qui leur permet de faire naviguer des « tas de rouille » dangereux pour l’environnement, avec à leur bord des équipages sous-payés, sans condition d’hygiène et de sécurité.
Les armateurs de bateaux sous pavillon de complaisance dissimulent leurs identités derrière des sociétés fictives, en cas de problèmes, ils disparaissent en laissant les bateaux et les équipages, sans valeur pour eux, à l’abandon.

C’est contre ces pratiques peu scrupuleuses que la Fédération Internationale des Ouvriers du Transport (ITF) mène campagne.
Cette fédération regroupe à travers le monde plus de 600 syndicats de travailleurs de transports dans 135 pays.
Grâce à ses inspecteurs, présents dans la plupart des ports du globe,
l’ITF a récupéré en 2002, 31 millions de dollars d’arriérés de salaires dus à des équipages de navires sous pavillon de complaisance.
C’est en suivant Yves Reynaud, inspecteur ITF à Marseille que j’ai croisé le destin de ces marins en détresse, sous payés, impayés, qui ont eu la mauvaise idée d’embarquer à bord de l’ « Atalanti », de l ’ « Azilal », du « Fenix », ou du « Zaccar ».
Mais l’exemple le plus frappant restera celui du « Florenz », cargo panaméen, abandonné par l’armateur dans le port de Sète, avec à son bord 22 marins grecs, croates, géorgiens, camerounais, ghanéens, qui ont dû attendre un an et trois mois sans argent que le bateau soit vendu aux enchères pour récupérer leurs salaires impayés.
Pour ces marins échoués à quai, le temps s’est arrêté."
Patrice TERRAZ



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